J'étais habituée aux querelles d'hommes. Depuis cette ordure qui avait tourné les talons et nous avait attaqué, je me méfie de tout.
Pour ne pas craindre d'attaque, je prit mes armes avec moi pour entrer dans cette taverne.
J'entrais dans ce lieu avec quelques appréhensions. On allait certainement me faire mauvais accueuil. Il n'y avait eu que très peu de femmes.
Je suis entrée par la porte branlante. J'ai vu les hommes en train de boire sur des tables de fortune pour oublier le malheur.
Puis, je sentis une plaque molle et tiède posée sur mon fessier. L'un de ces rustres m'avaient posée la main sur les fesses. Mon éducation d'amazone me fit exercer les mouvements qui suivirent : d'un geste, je prit ma lybrys et lui coupai la main. Il hurla, se tenant le moignon en se pliant en deux sous l'effet de la douleur. Un autre se leva :
"Ordure ! Tu as blessé mon ami. Je vais te violer que tu n'auras même plus de voix pour hurler !"
Cet homme empestai le vin. Personne ne me venait à l'aide, comme je m'en doutais. De suite, je rangeai mon arme pour me battre à mains nues. Je ne voulais pas de morts. L'homme saisit un couteau et s'élança sur moi. Aussitôt, je lui prit le bras et le lui cassa. Je n'avais eu le temps de lui placer que mon genou "là où ça fait vraiment mal" qu'un homme était déjà entré dans la taverne et gueulait de nous arrêter. Qui était-ce ? Pas mon Gontrand qui était au pays avec les filles...